Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes n’est pas une formule creuse. C’est le principe selon lequel chaque peuple a le droit de choisir librement son destin politique, économique et social, sans ingérence extérieure.
Ce droit, inscrit dans la Charte des Nations unies et dans le droit international contemporain, signifie concrètement que les citoyens d’un pays sont seuls souverains pour désigner leurs dirigeants, définir leurs institutions et orienter leur politique. Toute intervention étrangère visant à influencer, orienter ou subvertir un processus électoral national constitue une atteinte à ce droit.
Ce que le gaullisme a toujours affirmé
Le général de Gaulle a fondé sa conception de la politique étrangère sur deux idées indissociables :
l’indépendance nationale de la France ;
le respect de l’indépendance des autres nations.
Il a refusé les blocs, contesté la logique des « sphères d’influence » et soutenu, parfois de façon brutale, le droit des peuples à se libérer des tutelles extérieures. La décolonisation, la sortie du commandement intégré de l’OTAN, la reconnaissance de la Chine populaire, la politique arabe et africaine, tout cela reposait sur le même principe. Un pays digne de ce nom ne se laisse pas dicter ses choix par l’étranger, et il s’abstient de dicter les leurs aux autres.
Un gaulliste ne peut donc pas défendre la souveraineté française tout en s’arrogeant le droit de peser, ou juger, sur le résultat des élections d’un autre État. C’est exactement la contradiction que de Gaulle dénonçait chez ceux qui, au nom de valeurs universelles ou d’intérêts géopolitiques, s’immisçaient dans les affaires intérieures des nations.
L’ingérence électorale n’est pas de la « solidarité » ni du « soft power »
Soutenir ouvertement un candidat, financer des campagnes, orchestrer des campagnes d’influence médiatique, menacer de sanctions en cas de résultat « indésirable » ou célébrer la « bonne » élection d’un pays tiers : tout cela relève de l’ingérence. Peu importe que l’intention se prétende démocratique, progressiste ou « du bon côté de l’histoire ». Le peuple concerné est seul juge de ce qui est bon pour lui. Lui retirer ce jugement au nom d’une prétendue lucidité supérieure, c’est exactement ce que le gaullisme a toujours combattu lorsqu’il s’exerçait contre la France.
On ne peut pas, d’un côté, clamer que « la France n’est le vassal de personne » et, de l’autre, se comporter en tuteur moral ou politique des électeurs étrangers. C’est une incohérence de principe. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes n’est pas sélectif. Il s’applique à tous, y compris à ceux dont les choix ne nous plaisent pas.
Pour certains un vieux réflexe
Nous notons notamment cela chez des gaullistes venus à la base d’une autre orientation politique et qui se reconnaissent maintenant de l’héritage du général de Gaulle. Sans doute un restant d’internationalisme idéologique qui entend imposer dans les pays étrangers leurs visions, juger ceux qui n’y adhérent pas et se réjouir de ceux qui le font, comme si finalement leur vie en dépendait !
Conclusion simple
Un gaulliste digne de ce nom défend d’abord la souveraineté de son propre pays. Il défend ensuite, par cohérence, la souveraineté des autres. S’immiscer dans les élections nationales d’un État étranger, c’est renoncer à ce principe. C’est adopter la logique que de Gaulle a passée sa vie à rejeter : celle des puissances qui se croient investies d’un droit de regard sur les choix des peuples.
Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes n’est pas un slogan à usage interne. C’est une règle. Ceux qui se réclament du général de Gaulle devraient être les premiers à la respecter. On ne peut pas critiquer l’ingérence de Trump ou Poutine et faire la même chose !
Les résultats d’une élection dans un pays étrangers ne changent rien sur le fond, chaque pays défend avant tout ses intérêts et ceux de son peuple, ce qui est tout à fait normal, il n’y a hélas qu’en France où ce n’est plus le cas !
S’immiscer dans une élection, c’est prendre le risque d’entretenir de mauvaises relations diplomatiques avec le vainqueur, donc de nuire aux intérêts de la France et comme le disait si bien le général de Gaulle : « Les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ! ».
Sébastien Nantz
Secrétaire général du R.P.F.