Le Gaullisme

Genéral-de-Gaulle-le-4-septembre-1958

Beaucoup se réclament de l’héritage du général de Gaulle sans savoir réellement ce que recouvre le gaullisme de conviction.

Nous pensons qu’il est temps d’expliquer clairement sur quoi celui-ci repose.

Contrairement à la caricature que l’on nous prête quotidiennement, le gaullisme n’est nullement la volonté de revenir à une politique menée dans les années 60 ! Le gaullisme a une vision qui s’ajuste sans commune mesure à la modernité et aux problèmes de la France d’aujourd’hui !

Néanmoins celui-ci est basé sur des principes et des convictions fortes qui font qu’une personne s’en affranchissant ne pourrait légitimement se réclamer de cet héritage.

Le gaullisme ce n’est pas un pragmatisme à tout va qui ferait alors que tout le monde pourrait s’en réclamer.

Il est surtout basé sur les 4 axes qui constituent ce dont pourquoi le général de Gaulle s’est toujours battu :

1) L’indépendance nationale

Le premier axe du gaullisme de conviction est l’indépendance nationale.

Comment se réclamer du général de Gaulle lorsque l’on défend une vision de la France et de l’Europe radicalement différente de la sienne ? Tel est bien le cas de beaucoup de défenseurs de l’Europe supranationale, symbolisée par le Traité de Constitution Européenne et le Traité de Maastricht, qui n’hésitent pas à se revendiquer « gaulliste ». Il ne suffit pas d’admirer une personne pour se réclamer de son héritage politique.

Le droit des peuples à disposer d’eux mêmes, telle est la ligne directrice du gaullisme, conception qui ne vaut pas que pour les autres pays mais également pour la France.

Quelle était la vision du général de Gaulle sur l’Europe ? L’intéressé est sans doute le mieux à même pour y répondre.

« Après tant de leçons, on pourrait penser que, la guerre finie, les milieux qui prétendent conduire l’opinion se montreraient moins disposés à la subordination. Il n’en n’est rien. Au contraire! Pour l’école dirigeante de chaque parti politique, l’effacement de notre pays est devenu une doctrine établie et affichée. Tandis que du côté communiste, il est de règle que Moscou a toujours raison, toutes les anciennes formations professent le « supranational », autrement dit la soumission de la France à une loi qui ne serait pas la sienne. De là, l’adhésion à « l’Europe » vue comme une construction dans laquelle des technocrates formant un « exécutif » et des parlementaires s’investissant du législatif -la grande majorité des uns et des autres étant formée d’étrangers – auraient qualité pour régler le sort du peuple français. De là, aussi, la passion pour l’organisation atlantique qui mettrait la sécurité, par conséquent la politique, de notre pays à la discrétion d’un autre. De là, encore, l’empressement à subordonner les actes de nos pouvoirs publics à l’agrément d’institutions internationales où, sous les apparences de délibérations collectives, s’exerce en toutes matières, politiques, militaires, économiques, techniques, monétaires, l’autorité suprême du protecteur et où nos représentants, sans jamais dire: « nous voulons », ne feraient que « plaider le dossier de la France ». De là, enfin, l’incessante irritation provoquée dans le gent partisane par l’action que je vais mener au nom d’une nation indépendante. » Charles de Gaulle, Mémoires d’Espoir

La politique européenne du général de Gaulle est toute entière résumée par le fameux compromis du Luxembourg, conséquence de la crise de la chaise vide, celle-là même étant causée par la volonté des autres nations européennes d’appliquer le vote à la majorité qualifiée.

Extension du vote à la majorité qualifiée repris dans la 1ère partie du TCE rejeté par les français le 29 mai 2005 et qui figure dans le traité de Lisbonne voulu par le Président de la République !

Ainsi, peut-on véritablement se réclamer du gaullisme en étant favorable à ce système de vote à la majorité qualifiée que combattait le général de Gaulle, qui fait de l’Europe une super nation et de la France un lander dont les représentants ne feraient que plaider sa cause sans jamais dire « nous voulons » ou opposer son véto ?

L’Europe souhaitée par le général de Gaulle s’orientait sur les réalités et la réalité est que l’Europe est composée de nations, c’est par elles et non contre elles que l’Europe doit se faire donc l’Europe ne peut être que celles des nations !

« Pour pouvoir aboutir à des solutions valables, il faut tenir compte de la réalité. La politique n’est rien d’autre que l’art des réalités. Or, la réalité, c’est qu’actuellement, l’Europe se compose de nations. C’est à partir de ces nations qu’il faut organiser l’Europe et, s’il y a lieu, de la défendre. Au lieu d’une fusion intolérable et impraticable, pratiquons l’association. En poursuivant des chimères, on a déjà perdu des années. « 

Charles de Gaulle, conférences de presse tenue à l’Hôtel Continental, 25 février 1953.

2) Un Etat fort et dirigé

Le deuxième axe de la politique gaullienne tourne autour des institutions.Des institutions qui font du Président de la République non plus l’inaugurateur des chrysanthèmes comme sous la IIIe et IVe République mais le véritable Chef de l’Etat se situant au dessus des partis politiques.

« C’est donc du chef de l’État, placé au-dessus des partis que doit posséder le pouvoir exécutif. Au chef de l’État la charge d’accorder l’intérêt général quant au choix des hommes avec l’orientation qui se dégage du Parlement. A lui la mission de nommer les ministres et, d’abord, bien entendu, le Premier, qui devra diriger la politique et le travail du Gouvernement. Au chef de l’État la fonction de promulguer les lois et de prendre les décrets, car c’est envers l’État tout entier que ceux-ci et celles-là engagent les citoyens. A lui la tâche de présider les Conseils du Gouvernement et d’y exercer cette influence de la continuité dont une nation ne se passe pas. A lui l’attribution de servir d’arbitre au-dessus des contingences politiques, soit normalement par le conseil, soit, dans les moments de grave confusion, en invitant le pays à faire connaître par des élections sa décision souveraine. A lui, s’il devait arriver que la patrie fût en péril, le devoir d’être le garant de l’indépendance nationale et des traités conclus par la France. » Charles de Gaulle, Discours prononcé à Bayeux le 16 juin 1946

Contrairement à ce qu’on peut souvent entendre, la Ve République n’est nullement responsable de la situation politique de la France. La Ve République est devenue ce que les hommes politiques ont voulu en faire car nos institutions n’ont de cesse été modifiées.

Qui se souvient que sous la présidence de Gaulle, de 1959 à 1969, deux gouvernements, conduits par Pompidou, ont été renversées par sa propre majorité ? Pourrait-on imaginer une telle situation de nos jours ?

Le régime des partis que le général de Gaulle dénonçait l’a emporté et impose sa prééminence encore plus fort que jadis !

Après la cohabitation, le quinquennat a fini de travestir la Ve République l’écartant définitivement de sa véritable nature. L’inversement dans le calendrier fait que les législatives n’ont plus beaucoup d’intérêts ce qui traduit sans doute le faible taux de participation lors de la dernière législative en date.

Défendre la Ve République c’est défendre ses institutions d’origines, sa nature, ses fondements et non son chiffre.

3) La 3ème voie sociale

Le 3ème axe porte sur une alternative dans le domaine économique et social, une 3ème voie.

Plus communément connue comme « Association capital-travail » ou « participation », le gaullisme défend une vision de la politique économique et sociale qui s’oppose à la fois au système capitaliste (dans lequel les patrons détiennent le pouvoir et le capital) et au système socialiste (où l’Etat concentre entre ses mains la réalité des décisions et des moyens).

3ème voie économique dont les Pompidolistes ont, à l’époque, empêché sa mise en place.

La participation n’est nullement la traduction d’un capitalisme populaire comme le pensent ou le présentent quelques-uns mais bien une alternative aux deux systèmes classiques.

 » Il y a une troisième solution : c’est la participation, qui elle, change la condition de l’homme au milieu de la civilisation moderne. Dès lors que les gens se mettent ensemble pour une œuvre économique commune, par exemple pour faire marcher une industrie, en apportant soit les capitaux nécessaires, soit la capacité de direction, de gestion et de technique, soit le travail, il s’agit que tous forment ensemble une société, une société où tous aient intérêt à son rendement et à son bon fonctionnement et un intérêt direct.

Cela implique que soit attribué de par la loi, à chacun, une part de ce que l’affaire gagne et de ce qu’elle investit en elle-même grâce à ses gains. Cela implique aussi que tous soient informés d’une manière suffisante de la marche de l’entreprise et puissent, par des représentants qu’ils auront tous nommés librement, participer à la société et à ses conseils pour y faire valoir leurs intérêts, leurs points de vue et pour y faire valoir leurs propositions. C’est la voie que j’ai toujours cru bonne. C’est la voie dans laquelle j’ai fait déjà quelques pas ; par exemple, en 1945, quand, avec mon gouvernement, j’ai institué les comités d’entreprises, quand, en 1959 et en 1967, j’ai, par des ordonnances, ouvert la brèche à l’intéressement. C’est la voie dans laquelle il faut marcher.  » Charles de Gaulle entretien avec Michel Droit 1968

Elle traduit la volonté d’associer le progrès économique avec la justice sociale.

La participation porte également sur le rôle important que doit tenir les acteurs économiques et sociaux dans la vie de notre nation, en associant dans une même chambre d’une part les représentants des collectivités locales et des activités régionales, d’autre part, des représentants des grands organismes d’ordre économique et social du pays.

Une assemblée qui rassemblerait alors toutes les forces vives de la nation.

4) La 3ème voie politique

Enfin le 4ème axe traduit le positionnement politique.

Le gaullisme n’est ni de droite, ni de gauche ou plutôt peut être considéré comme de gauche et de droite à la fois. Il ne vise pas au rassemblement exclusif des gaullistes mais au rassemblement du peuple français autour de la France donc par delà les clivages et querelles partisanes puisqu’il agit dans l’intérêt général du pays et non pour l’intérêt d’un clan politique ou d’une catégorie de la population.

Ce rassemblement ne peut donc s’inscrire à travers une majorité qui se revendique de droite ou de gauche.

« Le RPF n’est pas un parti. S’il en était un, nous serions exclusifs. Nous ne rassemblerions pas les Français mais uniquement des militants. » Charles de Gaulle

C’est pourquoi nous déplorons de voir quelques personnes, se réclamant de la pensée du général de Gaulle, affirmer que se placer au dessus des clivages droite-gauche n’existe pas et qu’il faut forcément choisir entre un camp et l’autre. Cette vision de la politique n’est nullement celle du général de Gaulle mais de Georges Pompidou qui fut l’inventeur de cette fameuse étiquette « majorité présidentielle » transformant malheureusement le président de la République en chef d’une majorité politique !

« La France, c’est tout à la fois, c’est tous les Français. C’est pas la gauche, la France ! C’est pas la droite, la France ! Naturellement, les Français comme de tout temps, ressentent en eux des courants. …Prétendre faire la France avec une fraction, c’est une erreur grave, et prétendre représenter la France au nom d’une fraction, cela c’est une erreur nationale impardonnable » Charles de Gaulle, 15/12/1965

« On ne peut pas être vraiment Gaulliste si on est de gauche, ni si on est de droite. Être Gaulliste, c’est être ni à gauche, ni à droite, c’est être au-dessus, c’est être pour la France  » Charles de Gaulle

Le gaullisme est donc une force de rassemblement !

Enfin, pour conclure, être gaulliste c’est passer un partenariat loyal mais avec la France, uniquement  et non avec une majorité politique !  C’est agir avec la volonté de voir s’unir le peuple français et avoir pour seule ambition le redressement national et la grandeur de la France !

Sébastien Nantz

Secrétaire général du R.P.F


Le Gaullisme (par Henri Fouquereau)

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Aux Gaullistes de Conviction

Nous entendons et lisons trop de choses sur le gaullisme pour ne pas intervenir pour tenter de ramener le Gaullisme dans son cadre
Le Général de Gaulle a été le libérateur du Territoire, le rénovateur de la République

La politique du Général se basait sur : la souveraineté nationale, l’indépendance nationale, l’autorité de l’Etat, une certaine idée de l’homme et le droit des peuples à disposer d’eux mêmes.

Nous retrouvons là les grands discours du Général : Le discours de Bayeux sur les Institutions – La conférence de Brazzaville, ou les populations qui se trouvent sous la responsabilité de la France doivent s’élever peu à peu jusqu’au niveau ou ils seront capables de participer chez eux à la gestion de leurs propres affaire. Discours de Phnom Penh avec ce droit des peuples à disposer d’eux mêmes et puis l’entretien avec Michel Droit sur la Participation
4 discours à posséder et à relire sans cesse.

Sur le rôle du Président de la République , le Général considérait la séparation des pouvoirs comme essentielle :
Le Président de la République préserve l’indépendance nationale et fait rayonner la France partout dans le monde :gestion des jours extraordinaires
Le Gouvernement gouverne : gestion des jours ordinaires (la gestion des jours est de M. Pinton)

Le Gaullisme du Général, à l’époque du Général, c’est une autre voie entre les « Soviétiques » (le Général a toujours employé Russie) et les américains
entre le Communisme (socialisme) et libéralisme

Des institutions fortes : la constitution : à force d’être remaniée a perdu son âme et sa valeur (nous y reviendrons) la principale détérioration
le Quinquennat : il établit un régime présidentiel qui n’ose dire son nom – Le régime Présidentiel, en France, on ne sait pas faire
Autre détérioration ; modification de la Constitution pour y intégrer les traités européens : l’identité nationale n’en est pas sortie intacte
Charte de l’environnement : permettra à des tribunaux internationaux de nous condamner

TPI : rien à y faire – Régionalisation : la France est centralisatrice, dans l’histoire la France a été dirigée de Paris, les moyens modernes de communications permettent aujourd’hui d’accentuer cette habitude qui correspond à l’âme de la France

Le Gaullisme n’est pas une idéologie, pas même une doctrine : il a ses fondamentaux (ceux écrits en caractères gras ci-dessus) et la recherche de cette troisième voie entre communisme et capitalisme.

Le Gaullisme c’est l’essai permanent d’associer la grandeur de la France et le bonheur du peuple.
C’est aussi de maintenir l’indépendance de la France dans l’interdépendance des autres nations.

C’est surtout une immense confiance dans la capacité de la France à affronter l’avenir
C’est aussi savoir et oser dire NON lorsque l’essentiel des intérêts nationaux est en jeu
Sur le Gaullisme il faut savoir, qu’il n’existe pas de système universel : Il y a des circonstances et des personnalités.

AUJOURD’HUI, nous possédons les circonstances, il nous manque les personnalités
L’événement auquel il faut faire face : L’immense événement a dit le Général. Il me semble que cet événement est l’intérêt de l’histoire, car certains savent le dominer, quand les autres se laissent dominer.

Nous sommes dans la phase de nous laisser dominer, nous entrerons bientôt dans une autre phase
Elle peut être celle de la disparition, elle peut être celle du retour à l’Etat fort , à la nation rassemblée.
Le Général n’a jamais été un ambitieux pour lui, mais il était possédé d’une énorme ambition pour la France.
Max Gallo a dit pour différencier Bonaparte du Général de Gaulle – Le Général se faisait une certaine idée de la France, Bonaparte se faisait une certaine idée de lui même.

De Gaulle, c’est le Rassemblement, pour lui la nation transcende les clivages, il fallait prendre pour la France ce qu’il y avait de meilleur dans les traditions de la gauche et dans celles de la droite; Le Général n’a été battu que par la division des Français

Aujourd’hui, le danger c’est le discours nationaliste, attention. Le Gaullisme ce n’est pas cela ; le gaulliste est républicain patriote.

Henri Fouquereau

Le Gaullisme (Henri Fouquereau) (document à télécharger)


De Gaulle et la construction européenne…

general_de_gaulle l'Europe

« Pour organiser l’ Europe, qu’on la prenne donc comme elle est, c’est à dire comme un ensemble formé de peuples très distincts dont chacun a, bien à lui, son corps, son âme, son génie et, par suite, doit avoir ses forces. Renvoyons aux géomètres les plans étranges qui prétendent mêler, à l’intérieur des mêmes unités, les contingents de pays divers pour fabriquer l’armée apatride. Où donc les soldats de cette Babel militaire iraient-ils puiser leur vertu ? Si, pour une coalition, il est nécessaire d’instituer entre Etats, par délégation de tous système unique aux échelons supérieurs du commandement, le principe qui domine tout c’est qu’une armée se bat avant tout pour son pays, sous l’autorité de son gouvernement et sous les ordres de ses chefs. Aucune, je dis aucune, de celle que doit fournir l’Europe ne saurait être ni bâtie, ni employée, autrement. »

Charles de Gaulle, discours prononcé à Nîmes, 7 janvier 1951.

« Y a-t-il une France, une Allemagne, une Italie, une Hollande, une Belgique, un Luxembourg, qui soient prêts à faire, sur une question importante pour eux au point de vue national et au point de vue international, ce qui leur paraîtrait mauvais parce que cela leur serait recommandé par d’autres ? Est-ce que le peuple français, le peuple allemand, le peuple italien, le peuple hollandais, le peuple belge, le peuple luxembourgeois, songeraient à se soumettre à des lois que voteraient des députés étrangers, dès lors que ces lois iraient à l’encontre de leur volonté profonde ? Ce n’est pas vrai ! Il n’y a pas moyen, à l’heure qu’il est, de faire en sorte qu’une majorité étrangère puisse contraindre des nations récalcitrantes. Il est vrai que, dans cette Europe «intégrée» comme on dit, il n’y aurait peut-être pas de politique du tout. Cela simplifierait beaucoup les choses. En effet, dès lors qu’il n’y aurait pas de France, pas d’Europe, qu’il n’y aurait pas de politique faute qu’on puisse en imposer une à chacun des six états, on s’abstiendrait d’en faire… »

Charles de Gaulle, conférence de presse tenue au palais de l’Elysée, le 15 mai 1962.

« Pas d’ union européenne, disaient-ils, sinon par une intégration à direction supranationale ! Pas d’union européenne, si l’Angleterre n’en fait pas partie ! Pas d’union européenne, sauf à incorporer dans une communauté atlantique ! » Pourtant, il est clair qu’aucun des peuples n’admettrait de confier son destin à un aréopage principalement composé d’étrangers. De toute façon, c’est vrai pour la France. Il est clair également, que l’Angleterre, grande nation et grand état, l’accepterait moins que quiconque. Il est clair enfin, que, fondre dans une politique multilatérale atlantique le position de l’Europe, ce serait en sorte qu’elle-même n’en ait aucune et, dès lors, on ne voit pas pourquoi elle en viendrait à se confédérer. »

Charles de Gaulle, conférence de presse tenue au palais de l’Elysée, 31 janvier 1964.

« On peut faire des discours sur l’Europe supranationale. Ce n’est pas difficile: il est facile d’être un jean-foutre. »

Charles de Gaulle Réception à l’Elysée, 10 juin 1965

« La France savait aussi bien que quiconque, en tout cas beaucoup mieux que ceux qui ne sont pas européens, qu’il ne peut y avoir d’Europe qu’en vertu des ses nations, que, de par la nature et l’histoire, notre continent est tel que la fusion n’y est que confusion, à moins qu’elle ne soit l’oppression, qu’on n’est pas un européen si l’on est un apatride, que, par exemple, Chateaubriand, Goethe, Byron, Tolstoï pour ne parler que des romantiques n’auraient rien valu du tout en volapük ou en espéranto, mais qu’ils sont toujours de grand écrivains de l’Europe parce que chacun d’eux s’inspira du génie de son pays. »

Charles de Gaulle, conférence de presse tenue à l’Hôtel Continental, 12 novembre 1953.

« Dante, Goethe, Chateaubriand, appartiennent à toute l’Europe dans la mesure même où ils étaient respectivement italien, allemand et français. Ils n’auraient pas beaucoup servi l’Europe s’ils avaient été des apatrides et s’ils avaient pensé, écrit en quelque « espéranto » ou « volapük » intégré… »

Charles de Gaulle, conférence de presse tenue au Palais de l’Elysée, 15 mai 1962.

« Chaque peuple est différent des autres, avec sa personnalité incomparable, inaltérable, irréductible. Si vous voulez que des nations s’unissent, ne cherchez pas à les intégrer comme on intègre des marrons dans une purée de marrons. »

« C’est en vertu de cette destination de l’Europe qu’y régnèrent les empereurs romains, que Charlemagne, Charles Quint, Napoléon, tentèrent de la rassembler, qu’Hitler prétendit lui imposer son écrasante domination. Comment, pourtant, ne pas observer qu’aucun de ces fédérateurs n’obtient des pays soumis qu’ils renoncent à être eux-mêmes ? Au contraire, l’arbitraire centralisation provoquera toujours, par chocs en retour, la virulence des nationalités. Je crois donc qu’à présent, non plus qu’à d’autres époques, l’union de l’Europe ne saurait être la fusion des peuples, mais qu’elle peut et doit résulter de leur systématique rapprochement. »

Charles de Gaulle, Mémoires d’Espoir, pages 181

« Pour pouvoir aboutir à des solutions valables, il faut tenir compte de la réalité. La politique n’est rien d’autre que l’art des réalités. Or, la réalité, c’est qu’actuellement, l’Europe se compose de nations. C’est à partir de ces nations qu’il faut organiser l’Europe et, s’il y a lieu, de la défendre. Au lieu d’une fusion intolérable et impraticable, pratiquons l’association. En poursuivant des chimères, on a déjà perdu des années. »

Charles de Gaulle, conférences de presse tenue à l’Hôtel Continental, 25 février 1953.

« Alors, il faut prendre les choses comme elles sont, car on ne fait pas de politique autrement que sur les réalités. Bien entendu on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant « l’Europe ! », « l’Europe ! », « l’Europe ! » mais cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien. Je répète: il faut prendre les choses comme elles sont. (…)
Alors vous en avez qui crient: « Mais l’Europe, l’Europe supranationale ! Il n’y a qu’à mettre tout cela ensemble, il n’y a qu’à fondre tout cela ensemble, les français avec les allemands, les italiens avec les anglais, etc. » Oui, vous savez, c’est commode et quelques fois c’est assez séduisant, on va sur des chimères, on va sur des mythes mais ce ne sont que des chimères et des mythes; Mais il y a les réalités, et les réalités ne se traitent pas comme cela. Les réalités se traitent à partir d’elles-mêmes. »

Charles de Gaulle, deuxième entretien radiodiffusé et télévisé avec Michel Droit, 14 décembre 1965.

« (…) Or on sait, Dieu sait si on le sait ! Qu’il y a une conception différente au sujet d’une fédération européenne dans laquelle, suivant les rêves de ceux qui l’ont conçue, les pays perdrait leur personnalité nationale, et où, faute d’un fédérateur, tel qu’à l’Ouest tentèrent de l’être – chacun d’ailleurs à sa façon – César et ses successeurs, Charlemagne, Othon, Charles Quint, Napoléon, Hitler, et tel qu’à l’Est s’y essaya Staline, ils seraient régis par quelque aréopage technocratique, apatride et irresponsable. On sait aussi que la France oppose à ce projet contraire à toute réalité le plan d’une coopération organisée des états évoluant, sans doute, vers une confédération. Seul, il pourrait permettre un jour l’adhésion de pays tels que l’Angleterre ou l’Espagne qui, comme le nôtre, ne saurait accepter de perdre leur souveraineté. Seul, il rendrait concevable dans l’avenir l’entente de l’Europe tout entière. »

Charles de Gaulle, conférence de presse tenue au Palais de l’Elysée, 9 septembre 1965.

« Eh quoi ? Ces deux peuples se battent depuis plus de vingt siècles; l’Allemagne est sans relâche en proie à l’instinct de domination, hier encore il s’en est fallu de bien peu pour qu’elle ne tuât la France ! Rien n’est plus simple que d’arranger cela. Mélangeons cette France et cette Allemagne ! En particulier puisque la France victorieuse a une armée et que l’Allemagne vaincue n’en a pas, supprimons l’armée française ! Créons ensuite une armée apatride faite de français et d’allemands… »

Charles de Gaulle, conférence de presse, novembre 1953.

« L’essentiel pour jouer un rôle international c’est d’exister par soi même, en soi même chez soi ».

Charles de Gaulle, 1959.

« Tout système qui consisterait à transmettre notre souveraineté à des aréopages internationaux serait incompatible avec les droits et les devoirs de la république. »

Charles de Gaulle, 1963.

« Après tant de leçons, on pourrait penser que, la guerre finie, les milieux qui prétendent conduire l’opinion se montreraient moins disposés à la subordination. Il n’en n’est rien. Au contraire! Pour l’école dirigeante de chaque parti politique, l’effacement de notre pays est devenu une doctrine établie et affichée. Tandis que du côté communiste, il est de règle que Moscou a toujours raison, toutes les anciennes formations professent le « supranational », autrement dit la soumission de la France à une loi qui ne serait pas la sienne. De là, l’adhésion à « l’Europe » vue comme une construction dans laquelle des technocrates formant un « exécutif » et des parlementaires s’investissant du législatif -la grande majorité des uns et des autres étant formée d’étrangers – auraient qualité pour régler le sort du peuple français. De là, aussi, la passion pour l’organisation atlantique qui mettrait la sécurité, par conséquent la politique, de notre pays à la discrétion d’un autre. De là, encore, l’empressement à subordonner les actes de nos pouvoirs publics à l’agrément d’institutions internationales où, sous les apparences de délibérations collectives, s’exerce en toutes matières, politiques, militaires, économiques, techniques, monétaires, l’autorité suprême du protecteur et où nos représentants, sans jamais dire: « nous voulons », ne feraient que « plaider le dossier de la France ». De là, enfin, l’incessante irritation provoquée dans le gent partisane par l’action que je vais mener au nom d’une nation indépendante.

Mais, en revenche, les soutiens ne me manqueront pas. Sentimentalement, j’aurai celui de notre peuple qui, sans être aucunement porté à l’outrecuidance, tient à garder sa personnalité, d’autant plus qu’il a failli la perdre et qu’il constate que, partout, les autres affirment ardemment la leur, qu’il s’agisse de souveraineté, de langue, de culture, de production, voir de sport. »

Charles de Gaulle, Mémoires d’Espoir, pages 179 – 180.

« Walter Hallstein est le président de la commission. Il épouse ardemment la thèse du super-état et emploie toute son habile activité à obtenir que la communauté en prenne le caractère et la figure. De Bruxelles, où il réside, il a fait comme sa capitale. Il est revêtu des aspects de la souveraineté, dirigeant ses collègues entre lesquels il répartit les attributions, disposant de plusieurs milliers de fonctionnaires qui sont nommés, affectés, promus, rétribués, en vertu de ses décisions, recevant les lettres de créance d’ambassadeurs étrangers, prétendant aux grands honneurs lors de ses visites officielles, soucieux, d’ailleurs, de faire progresser l’assemblage des six dont il croit que la force des choses fera ce qu’il imagine.

Cette divergence capitale entre la façon dont la commission de Bruxelles conçoit son rôle et le fait que mon gouvernement, tout en attendant d’elle des études et des avis, subordonne les mesures importantes à la décision des Etats, entretient un désaccord latent. Mais comme le traité spécifie qu’au cours du démarrage rien ne vaut sans l’unanimité, il suffit de tenir la main à ce qu’il soit appliqué pour qu’on ne puisse passer outre la souveraineté française. J’y veille avec soin.

La bataille est longue et dure. Nos partenaires, qui voudraient beaucoup que nous n’ayons pas changé de République, comptent en effet que, cette fois encore, nous nous laisserons aller à sacrifier notre cause à l »intégration européenne », comme cela avait eu lieu successivement pour la C.E.CA. où tous les avantages étaient, à nos frais, attribués à d’autres… »

Charles de Gaulle, Mémoires d’Espoir, pages 195 – 197

« De toute façon et comme c’était à prévoir, on vérifie que, pour aller à l’union de l’Europe, les états sont les seules éléments valables, que si l’intérêt national est en cause rien ni personne ne doit pouvoir leur forcer la main et qu’aucune voie ne mène nulle part sinon celle de leur coopération.

Ce qui à cet égard, est vrai dans l’ordre économique est évident dans la politique. Il n’y a là, d’ailleurs, rien qui ne soit naturel. A quelle profondeur d’illusion ou de parti pris faudrait-il plonger, en effet, pour croire que des nations européennes, forgées au long des siècles par des efforts et des douleurs sans nombre, ayant chacune sa géographie, son histoire, sa langue, ses traditions, ses institutions, pourraient cesser d’être elles-mêmes et n’en plus former qu’une seule ? A quelles vues sommaires répond la comparaison, souvent brandie par des naïfs, entre ce que l’Europe devrait faire et ce qu’ont fait les Etats-Unis, alors que ceux-ci furent créés, eux, à partir de rien, sur une terre toute nouvelle, par des flots successifs de colons déracinés ? Pour les six, en particulier, comment imaginer que leurs buts extérieurs leur deviennent soudain communs, alors que leur origine, leur situation, leur ambition sont très différentes ? »

Charles de Gaulle, Mémoires d’Espoir, pages 200-201

« Du moment…que Vichy…acceptait d’asservir l’Etat à un Etat ennemi, il perdait toute qualité pour représenter et diriger la France, car, pour une grande nation, il n’y a pas de légitimité en dehors de l’indépendance. »

Charles de Gaulle, discours prononcé à Bordeaux le 15 mai 1947, in Discours et Messages, t. 2, p.76.

« La dégradation de l’Etat entraîne infailliblement l’éloignement des peuples associés, le trouble de l’armée au combat, la dislocation nationale, la perte de l’indépendance… »

Charles de Gaulle, déclaration du 15 mai 1958, in Discours et Messages, t. 3, p.3.

« On a préféré un truc, un organisme bizarre, l’intégration, plutôt qu’une entente entre les nations. Depuis, le Marché commun est entre le zist et le zest. »

Charles de Gaulle, Palais de l’Elysée, le 30 décembre 1961


 Le Gaullisme, la 3ème voie…

Qu’est ce que le gaullisme finalement ? En analysant bien nous pouvons résumer au fait que le gaullisme c’est une 3ème voie…

 Le Gaullisme, c’est une 3ème voie institutionnelle : entre le régime présidentiel à l’américaine qui conduit en cas de majorité parlementaire opposée au président de la République à une politique du compromis voire à l’immobilisme et un régime parlementaire qui conduit à l’instabilité et au régime des partis comme nous l’a montré la IVe République, le gaullisme a su instaurer une 3ème voie institutionnelle associant à la fois un régime où le pouvoir exécutif permet d’avoir un état fort et dirigé tout en donnant au parlement un pouvoir de contrôle sur celui-ci, pouvant de fait renverser tout gouvernement. La Ve république est en effet un régime semi présidentiel – semi parlementaire qui a démontré une véritable stabilité et adaptabilité !

Le Gaullisme, c’est une 3ème voie européenne : entre l’Europe fédérale proposée par ceux qui entendent diluer les nations et le repli sur soi voulu par certains qui conduirait inévitablement à la clochardisation de la France, le gaullisme entend proposer, quant à lui, une Europe des nations et des peuples ! Celle-ci est basée sur la coopération entre les Etats européens, tout en garantissant que l’union ne soumettrait pas les nations à des directives supranationales !

Le Gaullisme, c’est une 3ème voie économique : face au dirigisme qui ne dirige rien et au libéralisme qui ne libère personne, l’idée de la 3ème voie sociale -s’opposant à la fois au capitalisme et au collectivisme- défendue par le gaullisme entend ainsi associer le capital et le travail. Cette vision économique et sociale, de Gaulle la puisa tout naturellement dans ses origines politiques, le catholicisme social. La participation gaullienne, du nom qui lui fut donné, entend dès lors instaurer une véritable démocratie sociale au sein de l’entreprise donnant accès à la classe ouvrière à la participation au capital, aux responsabilités et aux bénéfices de celle-ci.

Le Gaullisme, c’est également une 3ème voie politique : entre la droite et la gauche qui divise les Français, mais sans se confondre avec un centrisme mou, le gaullisme incarne une 3ème voie politique, une voie centrale qui entend rassembler le peuple français par delà les clivages politiques autour de la France. Le gaullisme n’a jamais été une vision politique de droite et encore moins de ce camp qui n’a de cesse combattu le général de Gaulle de son vivant -que ce soit par les armes comme par les urnes- qu’est l’extrême droite !


Tromperie sur le gaullisme

pierre lefranc

Par Pierre LEFRANC, ancien chef de cabinet du général de GAULLE

Aucun parti ne peut accaparer l’héritage du père de la Ve République, surtout s’il en bafoue les principes.

Personne ne doute que les principes affirmés par le général de Gaulle en son temps continuent à constituer aujourd’hui une source d’inspiration pour nombre d’hommes politiques d’un bout à l’autre de l’échiquier, tant à l’étranger qu’en France. Il faut s’en réjouir, cette situation répondant au voeu du général dont les comportements ont démontré qu’il ne pouvait être situé ni à droite ni à gauche.

C’est pourquoi il n’est pas acceptable qu’un groupement politique, quel qu’il soit, prétende accaparer un héritage dès lors que ce groupement ignorerait les principes fondamentaux du gaullisme, à savoir: l’autorité et la place primordiale de l’Etat dans la nation, le rôle prédominant du président de la République, pilier des institutions et dont le mandat s’exerce sur deux législatures, la mutation de la société par la participation, une économie protégée des excès du libéralisme et, enfin, et avant tout, la sauvegarde de l’indépendance nationale sous tous ses aspects.

Or c’est devenu un fait qu’un certain parti, le Rassemblement pour la République, s’emploie à se présenter comme le tenant et le défenseur des legs du gaullisme conforté en cela par les médias qui s’obstinent à le qualifier de «parti gaulliste», alors qu’on peut légitimement considérer que les prises de position de ce parti s’écartent considérablement ­ pour ne pas écrire s’opposent ­ aux principes clairement énoncés par de Gaulle. Tout d’abord, ce parti se situe lui-même de plus en plus à droite; ensuite, en abandonnant la référence fondamentale à la notion d’identité nationale, il soutient une politique européenne en contradiction formelle avec l’Europe des nations voulues par le fondateur de la Ve République, lequel n’aurait certainement pas accepté de signer les traités de Maastricht et d’Amsterdam qui portent de graves et irréversibles atteintes à notre indépendance. De surcroît, le RPR a accepté, et active même, l’instauration d’une monnaie unique européenne privant la France dans l’avenir de toute autonomie réelle sur les plans budgétaires et social, alors que les régimes financiers comme les situations économiques des partenaires demeurent toujours fondamentalement éloignés.

Que le RPR ait une politique tout autre que celle préconisée par de Gaulle est son droit, mais suivre une telle politique au nom du gaullisme est une sorte d’abus de confiance. L’utilisation de l’appellation «néo-gaullisme» pour le RPR est encore trop éloignée de la réalité et l’on souhaiterait que ce parti ait le souci d’affirmer sa vraie personnalité plutôt que de revêtir une apparence qui trompe le peuple. Pourquoi n’utiliserait-il pas le nom de celui qui l’inspire du plus haut de la République?

On ne peut pas prétendre gagner à la fois sur le tableau des accommodements et sur celui de la rigueur. La pratique de la rigueur dans les convictions et les objectifs ­ la capacité de dire non quand il le faut ­, essence du gaullisme, est contraignante et nécessite courage et persévérance, mais, à terme, cette stratégie n’est-elle pas la plus payante? L’on est même tenté de se demander si ce n’est pas l’absence de cette rigueur qui explique certains échecs.


Réalisations économiques et sociales du général de Gaulle

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Amiral Philippe de GAULLE

Résumé politique, économique et social (1944-1969)

Après avoir volontairement quitté le pouvoir en janvier 1946 le général de Gaulle a complètement quitté la politique en 1954 et s’est retiré chez lui à Colombey-les-Deux-Églises où il écrit ses Mémoires de guerre.

Après son départ, le régime instable de la IVe République, que le général de Gaulle avait déclaré dès le début incapable de gouverner, ne parvient pas à maîtriser les difficultés politiques, sociales et militaires françaises.

En particulier la guerre menée dans leur ancien protectorat d’Indochine pour préserver ce pays d’un pouvoir autoritaire communiste, est perdue par les Français qui s’en retirent complètement en 1954 après la défaite de Dien-Bien-Phu. Les Etats-Unis prennent leur suite pour continuer la guerre à leur compte. Ils devront renoncer eux aussi quelques années après.

Après l’Indochine des soulèvements éclatent en Algérie, territoire conquis depuis 1830 et rattaché à la France. Après de nombreux meurtres de civils français ou arabes et le massacre d’une dizaine de soldats français capturés par surprise, l’armée française et les européens d’Algérie se révoltent et forment un Comité de salut public contre leur gouvernement métropolitain.

Devant la gravité de la situation tous les partis politiques français à l’exception des communistes font appel au général de Gaulle pour éviter l’anarchie sinon, la guerre civile.

Le général de Gaulle accepte de revenir à la direction de son pays. Le Parlement français lui donne l’investiture le 1er juin 1958 pour former un nouveau gouvernement, régler le problème algérien, promulguer une nouvelle Constitution.

Le général de Gaulle se rend aussitôt en Algérie pour y rétablir les pouvoirs de la République et lancer des opérations militaires actives qui rejettent les rebelles algériens hors des frontières algériennes.

L’armée française qui met en ligne un soldat pour 10 habitants écrase complètement cette rébellion qui n’existera plus militairement désormais, mais n’arrivera pas à éliminer les assassinats et les propagandes adverses.

Quoique sceptique sur les possibilités réelles d’une telle politique qu’il estime trop tardive, le général de Gaulle met tous les moyens de la France pour répondre à la politique d’Algérie française d’abord réclamée par les Européens et en grande partie des Arabes. Mais, s’apercevant au bout de 18 mois que, malgré une élimination militaire, la rébellion intérieure soutenue à l’extérieur par presque tous les pays du monde entier ne fait que s’accroître, il prend acte de l’impossibilité d’une victoire politique en Algérie.

Après en avoir averti publiquement les Français et demandé leur approbation par référendum qu’il obtient massivement, il entreprend alors d’aboutir à la paix en négociant avec la rébellion une politique d’autonomie puis d’indépendance de l’Algérie, après un gouvernement provisoire commun durant un an, en sauvegardant les intérêts des 900 000 Européens qui y vivent. Ceux-ci se révoltent en créant une Organisation de l’armée secrète (OAS) qui s’oppose par des actions violentes et des attentats à la fois en métropole et en Algérie. Cette politique véritablement suicidaire pour eux aboutit à l’impossibilité de rester en Algérie et à leur exode massif en France.

L’indépendance de l’Algérie que les Français reconnaissent le 3 juillet 1962 après un cessez-le -feu le 18 mars précédant à la signature des Accords d’Evian, l’armée française achève l’évacuation de l’Algérie deux ans après soit le 15 juin 1964 et maintiendra encore durant près de 5 ans jusqu’en 1965 plus de 10 000 hommes dans la région d’Oran-Mers-EI-Kébir et dans ses centres d’expérimentation nucléaire et de missiles du Sahara. Au total 138 000 anciens auxiliaires de l’armée française (dits Harkis) et leur famille soit 650 000 algériens seront évacués en France tandis que 840 000 Européens vivant en Algérie (dits Pieds-noirs) se replieront en Métropole, 80 000 d’entre eux généralement âgés, préféreront rester sur place.

Dans le domaine intérieur français, la nouvelle Constitution, celle de la Ve République est adoptée massivement par référendum le 5 octobre 1958 sur proposition du général de Gaulle qui est élu Président de la République le 21 décembre 1958 par près de 79% des suffrages.

Cette Constitution comprend :

1 – Un Exécutif composé :

du Président de la République, élu par un large collège de 200000 élus puis ensuite à partir du 19 décembre 1965 directement par le suffrage universel, qui a le pouvoir de choisir le Premier ministre et de dissoudre l’Assemblée nationale. Il est également Président de la Communauté des Etats français, africains et malgaches jusqu’à leur indépendance en 1962 et est responsable devant l’Assemblée nationale. De fait durant les premières années, le prestige du Général est tel que c’est lui qui fait adopter toutes les orientations gouvernementales.

2 – Un législatif

le Parlement constitué de deux chambres qui votent les lois et les budgets, à savoir :

• le Sénat renouvelable par tiers tous les trois ans élu au suffrage indirect des élus locaux (députés, maires, conseillers régionaux, généraux ou municipaux) et qui ne peut être dissout

• l’Assemblée nationale entièrement renouvelable tous les cinq ans, élue au suffrage direct des citoyens, qui a le pouvoir de donner l’investiture aux gouvernements, qui a le dernier mot pour le vote des lois et des budgets par rapport au Sénat, mais qui peut être dissoute par le Président de la République.

• le Conseil constitutionnel composé de 9 membres désignés pour 6 ans par les Président de la République, du Sénat et de l’Assemblée nationale chacun pour un tiers, et qui est chargé de vérifier la régularité des élections ou des votes.

• le Conseil économique et social, héritage bancal de la IVe République dont les membres sont désignés par le Président de la République et qui n’a qu’un rôle consultatif dans les domaines économiques et sociaux.

3 –  Enfin séparée des pouvoirs, mais reliée à l’Etat par le Garde des Sceaux et les Procureurs de la République, ainsi que par le Président de la République qui préside le Conseil de la Magistrature chargé de l’administration des magistrats, l’autorité judiciaire qui n’est pas un pouvoir proprement dit et est chargée d’appliquer les lois votées par le Parlement.

Dans le domaine social, l’œuvre du général de Gaulle généralement ignorée par ses bénéficiaires et occultée systématiquement par ses adversaires, est la plus importante du siècle.

Après avoir fait adopter le vote des femmes en 1944, le général de Gaulle a promulgué la Sécurité sociale par ordonnances d’octobre et de décembre 1945 malgré l’opposition des syndicats qui se sont ensuite empressés de la récupérer à leur profit.

Le Général porte aussi l’âge de la scolarité ou de l’apprentissage payé par l’Etat de 14 à 15 ans et de 15 à 16 ans. Sous ses gouvernements de 1958 à 1968 il décuple l’enseignement secondaire et les universités, effort qui n’a jamais été fait auparavant dans l’histoire de France.

Il transforme le salaire minimum industriel et agricole de croissance (ou SMIC et SMAC) afin de faire bénéficier les travailleurs des fruits de l’expansion. Dans le même ordre d’idée, il initie les lois sur la participation.

Le 31 décembre 1958 il crée l’UNEDIC ou Union nationale interprofessionnelle pour l’Emploi dans l’Industrie et le Commerce.

En 1961 il la complète en créant le Régime d’assurance chômage à une époque où les chômeurs n’atteignent que le minimum incompressible de 65 000 et le régime des retraites complémentaires de l’ensemble des salariés.

Le 20 mai 1965, il généralise la 4ème semaine de congés payés. Le 23 février 1968, il crée l’indemnisation du chômage partiel. Le 10 février, il instaure un accord sur la sécurité de l’emploi.

Dans le domaine des recherches scientifiques de la technologie, de l’industrialisation, le général de Gaulle joue un rôle capital en faisant véritablement entrer la France dans le XXe siècle.

• Il crée l’industrie nucléaire, contre l’avis de presque tous, non seulement pour doter la France d’une arme de dissuasion efficace, mais encore pour pallier la carence énergétique de la France et notamment pour produire la quasi totalité de son électricité.

• Il lance un double programme aéronautique franco-allemand avec l’Aérobus plus tard appelé Airbus et franco-anglais avec l’avion supersonique Concorde qui ne sera pas exploité commercialement selon ses possibilités faute de volonté politique et de comprendre que sa rentabilité, pourtant réalisée plus tard, passe par des tarife beaucoup plus élevés que la moyenne.

• Il choisit entre plusieurs projets le modèle du futur TGV plutôt que le turbotrain trop bruyant ou le train à coussin d’air trop difficile à utiliser couramment.

• Il instaure un programme informatique et d’ordinateurs à grande capacité, nécessaire à notre industrie nucléaire et spatiale notamment.

• Il développe un projet de lancement de missiles d’abord avec la fusée Ariane dans le Sahara puis ensuite à Kourou en Guyane proche de l’Equateur.

• Il favorise les programmes de médecine, de chirurgie, de radiologie et de biologie tels que nous en constatons actuellement les résultats.

Dans le domaine des affaires étrangères, des affaires économiques et de nos armées, il conduit fermement une politique d’indépendance de la Nation avec une coopération active vis-à-vis de nos alliés. En particulier c’est lui qui a effectivement mis en application le Marché Commun des Etats européens occidentaux basé sur la réconciliation franco-allemande notamment par coopération avec le chancelier Adenauer.

En Afrique il a maintenu les liens privilégiés avec les Etats du continent africain francophones même après leur indépendance, sauf l’Algérie, la Guinée, et Madagascar qui avaient rompu avec nous. De même n’y aura-t-il pas de relations avec le Vietnam que nous avions quitté en 1954, mais ces relations seront maintenues avec le Laos et le Cambodge.

En Amérique du Sud, Centrale et du Nord, le général de Gaulle établit des relations d’envergure qui n’avaient jamais existé auparavant avec la France.

En Orient, le général de Gaulle est le premier Chef d’Etat occidental qui reconnaît juridiquement la République populaire de Chine en 1964.

De fait jamais aucun chef d’Etat dans l’histoire de France n’a autant visité les pays étrangers, et jamais aucun, et de loin, n’aura autant et aussi souvent été voir sur place les villes et les départements français.

Mais avant qu’on ne lui rende finalement justice avec le recul de l’Histoire, beaucoup de Français, qui avaient pourtant atteint une grande sécurité et une prospérité inconnues auparavant, ne lui en auront aucun gré sur le moment. Des masses d’étudiants ou supposés tels auxquels on avait tout donné sans rien leur demander et des masses de consommateurs qui criaient aux injustices de  » la société de consommation  » provoquèrent des émeutes en Mai 1968, appuyés par une partie des politiciens dont il avait empêché les jeux stériles, ou la majorité du Sénat qui ne lui avait pas pardonné l’élection du Président de la République au suffrage universel alors qu’il exerçait auparavant depuis près d’un siècle une influence capitale dans cette élection.

Les désordres et la grève générale qui ont éclaté en Mai 1968, prirent fin après que le général de Gaulle avait pris ses distances avec Paris durant une journée. Cette manoeuvre agit comme un catalyseur à un raz-de-marée inverse en sa faveur, concrétisé le 30 mai 1968 par une manifestation sur les Champs-Elysées d’un million de personnes.

La vie de notre pays reprit son cours ascendant normal, mais avec une perte de production équivalente à près d’une année à rattraper.

S’étant aperçu à l’occasion des derniers troubles que la France souffrait d’un Etat trop centralisé, et voulant mesurer le soutien que les Français lui accordaient, il leur propose l’instauration de régions, la modification correspondante du Sénat et la suppression du Conseil économique et social par un référendum le 27 avril 1969.

Son projet ayant été repoussé il décide de lui-même de quitter les fonctions de Président de la République le 28 avril et de se retirer chez lui.

Complètement détaché de la vie politique, il rédige ses mémoires et effectue deux voyages à titre privé, l’un en Irlande du 10 mai au 19 juin 1969 durant lequel il a un entretien privé avec le Président de la République irlandaise M. de Valera, puis en Espagne du 3 au 27 juin 1970 durant lequel il rencontre de même le général Franco.

Le 9 novembre 1970, pratiquement à la veille de son 80e anniversaire (il est né le 22 novembre), il meurt subitement d’une rupture d’anévrisme dans sa maison de « La Boisserie » à Colombey-les-deux-Eglises où il est enterré sans la présence des officiels conformément à sa volonté. Toutefois un hommage solennel lui sera rendu le même jour à Notre-Dame de Paris par 80 chefs d’Etat.


Réformes et réalisations du général de Gaulle

A LA LIBÉRATION : Le  Général de Gaulle deviendra un rénovateur et un précurseur :

– 21/04/1944 : Le droit de vote des femmes et des militaires
– 27/07/1944 : Le rétablissement de la liberté syndicale
– 09/08/1944 : Rétalblissement de la légalité républicaine sur tout le territoire
– 24/08/1944 : Suppression des abattements obligatoires sur le salaire des femmes
– 26/08/1944 : Rétablissement de l’organisation et de la liberté de la presse
– 17/10/1944 : Amélioration du régime des allocations familiales
– 28/11/1944 : Création de la Haute Cour de Justice
– 14/12/1944 : Lancement des nationalisations
– 30/12/1944 : Contribution de 4% des employeurs pour le fonds de retraite
– 08/01/1945 : Rétablissement de la gratuité de l’enseignement
– 02/02/1945 : La protection des mineurs
– 1945 : Création de l’Aide sociale à l’enfance, cette loi constitue le système français de la protection de l’enfance
– 22/02/1945 : Création des Comités d’Entreprise
– 29/05/1945 : Création de la SNECMA (Société Nationale d’Etude et de Construction de Moteurs d’Aviation)
– 03/07/1945 : Création de l’allocation compensatrice pour les aveugles qui travaillent
– 04/10/1945 : Création de la Sécurité Sociale
– 09/10/1945 : Création de l’ENA et de l’Institut d’Etudes Politiques
– 11/10/1945 : Ordonnance sur la réquisition des logements vides
– 17/10/1945 : Statut de fermage
– 18/10/1945 : Création du CEA (Commissariat pour l’Energie Atomique)
– 19/10/1945 : Extension à tous les salariés de l’assurance sociale obligatoire
– 19/10/1945 : Statut de la mutualité
– 02/11/1945 : Création de la PMA (Protection Maternelle Infantile)
– 21/12/1945 : Création du CGP (Commissariat Général au Plan)
– 31/12/1945 : Création du quotient familial

De 1958 à 1965 : Foncièrement modernisateur, c’est sous sa première Présidence que d’énormes progrès verront le jour, faisant de la France une grande puissance, et du Général de Gaulle, un visionnaire doté d’une clairvoyance et d’une lucidité prémonitoire s’assurant d’une légitimité intacte auprès des citoyens.
– 04/10/1958 : Promulgation de la Constitution de la cinquième République
– 19/12/1958 : 50 ordonnances sur le logement, les loyers, la construction et l’aménagement du territoire
– 23/12/1958 : Réforme de l’organisation judiciaire ; statut de la magistrature, création du CSM, redistribution des tribunaux
– 30/12/1958 : Création des CHU et réforme de l’enseignement médical
– 31/12/1958 : Création des ASSEDIC
– 01/01/1959 : Entrée en vigueur du Marché commun
– 05/01/1959 : Protection de l’enfance en danger
– 06/01/1959 : Obligation scolaire jusqu’à 16 ans
– 07/01/1959 : intéressement des travailleurs
– 06/02/1959 : Ordonnance instituant l’Epargne-crédit pout le logement
– 11/02/1959 : Création du district de la région parisienne
– 13/02/1959 : Mise en chantier du premier Four solaire à Font-Romeu (66)
– 1959 : Création du BTS (Brevet Technicien Supérieur)
– 14/05/1959 : Loi programme d’équipement sanitaire et social
– 22/06/1959 : Réorganisation du Conseil Economique et Social
– 31/07/1959 : Loi relative à la promotion sociale
– Septembre 1959 : Loi « Debré » sur le financement des écoles privées
– 01/01/1960 : Entrée en vigueur du « nouveau franc »
– 13/02/1960 : Explosion de la bombe atomique, le Général affirme la nécessité de la force de frappe nucléaire
– 02/06/1960 : Prémices de la décentralisation ! Décret créant 21 régions économiques
– 09/07/1960 : Décret sur la construction des autoroutes à péages
– 27/12/1960 : Loi sur le reclassement professionnel des mutilés de guerre
– 08/01/1961 : Référendum sur l’Algérie
– 21/01/1961 : Création de l’assurance maladie agricole
-Janvier 1961: Les prémices de la création d’Ariane. Le général de Gaulle donne son accord contre l’avis de ses conseillers pour le développement d’un lanceur européen à trois étages, baptisé Europa, utilisant comme premier étage le Blue Streak, un deuxième étage de conception française et un troisième étage de conception allemande.
Le premier tir d’un élément de lanceur Europa a lieu à Woomera (Australie) en juin 1964. En janvier 1965, la France tente de convaincre ses partenaires au sein de l’ELDO de modifier les spécifications du lanceur en intégrant un deuxième étage cryotechnique (technique que la France a commencé à explorer) permettant de placer un satellite sur orbite géostationnaire.
– juillet 1961 : Contruction de l’Usine marémotrice de la Rance, la première usine au monde capable de transformer les mouvements des marées en énergie électrique
– 29/11/1961 : Loi sur l’aide aux rapatriés d’Algérie
– 14/01/1962 : Extension du Marché commun aux produits agricoles à la demande de la France
– 18/03/1962 : Signature des accords d’Evian
– 08/04/1962 : Référendum sur les accords d’Evian
– 04/08/1962 : Création des MDC (Maison De la Culture) par André Malraux
– 28/10/1962 : Référendum sur l’élection du Président de la République au suffrage universel direct
– 19/12/1962 : Création de la Cour de sureté de l’Etat
– 29/12/1962 : Instauration de la quatrième semaine de congés payés
– 22/01/1963 : Accord de coopération franco-allemande
– 15/02/1963 : Création de la DATAR (Délégation de l’Aménagement du Territoire et à l’Action Régionale)
– 21/06/1963 : Retrait de l’OTAN de la flotte française de l’Atlantique
– 31/07/1963 : Création de l’AES pour les mineurs infirmes (Allocation d’Education Spéciale)
– 18/12/1963 : Loi instaurant le Fonds National de Solidarité pour l’Emploi
– 1963 : Création des CES (Collège d’Enseignement Secondaire)
– 1964 : Refonte de la tutelle et de l’administration des biens des mineurs
01/01/1964 : Réformes des aides à la décentralisation
– 14/01/1964 : Construction de l’aéroport de Roissy
– 14/03/1964 : Décret créant les Préfets de région et instauration des CODER (Comités de Développement Economique Régionaux)
– 13/06/1964 : Réforme de la région parisienne (création de 6 nouveaux départements)
– 27/06/1964 : Création de l’ORTF ; Réorganisation de la Radio et de la télévision par l’apparition de 3 radios (Inter, Musique et Culture), création de journaux télévisés régionaux, création des équipes de reportage, instauration d’un service minimum à la TV en cas de grève. Cette loi donne à l’ORTF un véritable Conseil d’administration, elle met fin à la situation ou depuis la libération, la direction de l’information était assurée par le ministre lui meme. Création d’un service de liaison et d’info du gouvernement qui existe encore aujourd’hui.
– 31/07/1964 : Loi créant la DDASS
– 12/12/1964 : Loi de programmation et d’équipement militaire qui met sur pied la force de frappe nucléaire
– 16/12/1964 : Loi sur la pollution des eaux
– 19/12/1964 : Les expériences du CNES. se feront sur la future base spatiale de Kourou
De 1965 à 1969 : (Second mandat du Général de Gaulle)
– 02/01/1965 : Inauguration de l’usine de Pierrelatte permettant la production d’uranium
– 26/02/1965 : Inauguration du célèbre Institut de cancérologie de Villejuif
– 10/07/1965 : Loi organisant le statut des copropriétés
– /1965 : Création de AIRBUS. Au salon du Bourget de 1965, les principales compagnies aériennes européennes mènent des discussions informelles sur leurs besoins en courts- et moyens-courriers nécessaires pour absorber la croissance du trafic7. Les constructeurs américains se lancent dans la réalisation de gros-porteurs (Lockheed L-1011,Boeing 747, etc) mais, afin d’éviter une concurrence frontale, les européens s’intéressent à un marché différent, celui des courts-courriers de 200 places plus adaptés aux liaisons courtes mais denses rencontrées en Europe, et cherchent à développer l’idée des « airbus » (« bus des airs ») qui sera officialisée et intensifiée par des accords de coopérations dès 1967 entre la France, les Britanniques, l’Allemagne et l’Italie.
– 12/07/1965 : Loi reconnaissant « l’Amendement Vallon », sur l’actionnariat des salariés
– 13/07/1965 : Loi réformant le régime matrimonial. Cette loi renforce l’égalité entre homme et femme au sein du foyer. Elle donne à la femme mariée la possibilité d’ouvrir un compte bancaire en son nom propre, et n’a plus besoin de l’autorisation de son mari pour exercer une profession séparée.
– 17/08/1965 : Premier essai sous-marin expérimental Gymnate, à Cherbourg
– 26/11/1965 : Lancement par la fusée Diamant du premier satellite « Astérix »
– 27/11/1965 : Mise en orbite du premier satellite français, la France devient la troisième puissance spatiale du monde
– 17/01/1966 : Décret créant les IUT, (Institut Universitaire de Technologie), création des DEUG-LICENCE-MAITRISE, réformes des mathématiques, réformes des filières du second degré
– 29/01/1966 : Compromis de Luxembourg, la France obtient que les décisions obéissent à la règle de l’unanimité lorsqu’un Etat estime qu’un de ses intérets vitaux est en cause.
– 07/03/1966 : Retrait définitif de la France dans l’OTAN
– 10/03/1966 : Mise en place des « Contrats de Programme », les industriels s’engagent pendant 5 ans à une stricte discipline en matière de prix
– Avril 1966 : Entrée en service du nouveau port autonome de Dunkerque
– 22/04/1966 : Loi accordant des réductions fiscales pour investissement
– Mai 1966 : Le « plan professionnel » de la sidérurgie, favorise la construction d’entreprises, Usinor, Ugine-Kuhlman, Wendel, Sidélor, Creuzot et Ateliers et Berges de la Loire. Des opérations similaires sont engagées en faveur de la construction navale
– 18/06/1966 : Loi « Grandval » renforçant les pouvoirs des comités d’entreprise
– 11/07/1966 : Loi réformant l’adoption, elle peut désormais etre demandée par des couples non mariés ou toute personne célibataire agée de plus de 35 ans
– 1966 : Loi créant 3 organismes de recherche et d’innovation CNEXO (Centre National d’Exploitation des Océans), l’ANVA (Agence Nationale pour la Valorisation de recherche), et l’IRIA, (Institut pour la Recherche en Informatique et Automatique)
– 12/07/1966 : Création du régime d’assurance maladie-maternité pour les non salariés
– 24/07/1966 : Loi sur la réforme du droit des sociétés commerciales (500 articles)
– 1966 : Réforme du régime des faillites des entreprises
– 1966 : Refonte de la procédure civile
– 03/12/1966 : Première loi d’orientation et de programmation sur le développement de la formation professionnelle et de la promotion sociale
– 28/12/1966 : Loi « Poly » sur l’élevage
– 22/12/1966 : Loi instaurant une assurance obligatoire des exploitants agricoles pour les accidents du travail et de la vie privée
– 29/03/1967 : Lancement du sous-marin atomique « le Redoutable »
– 13/04/1967 : Lancement du « Plan calcul », la France se dote de calculatrices électriques
– 30/06/1967 : Loi foncière visant à organiser les villes et à régulariser le marché foncier
– 13/07/1967 : Création de l’ANPE (Loi Chirac), allocation de conversion et garantie de ressources aux chomeurs
– 17/08/1967 : Obligation de la Participation des salariés dans les entreprises d’au moins 100 salariés
– 01/10/1967 : Lancement de la télévision en couleur selon le procédé français SECAM
– 09-10/10/1967 : Première expérience spatiale commune à la France et à l’URSS
– 14/12/1967 : Loi « Neuwirth » légalisant la contraception
– 24/08/1968 : Explosion dans le pacifique de la première bombe H française
– 1968 : Loi « Capitant » sur les statuts de l’entreprise et des services judiciaires
– 25/10/1968 : Loi d’orientation de l’enseignement supérieur, créant le BAC technologique et instaurant la participation des étudiants dans les organes de gestion des universités
– 19/12/1968 : Loi reconnaissant l’exercice du droit syndical dans l’entreprise
– 02/03/1969 : Premier vol à Toulouse de l’avion supersonique « Le Concorde », par un accord de coopération franco-britannique
– 21/03/1969 : Publication de la liste des entreprises nationales qui appliqueront l’intéressement des personnels aux fruits de l’expansion

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