Statue de Napoléon : Allocution de Jacques Myard – 02/12/2022

Allocution
de Jacques MYARD
Membre Honoraire du Parlement
Maire de Maisons-Laffitte
Président du Cercle Nation et République

Allocution du 2 décembre 2022

Statue Napoléon

Cher Arnaud Péricard, Maire de Saint-Germain-en Laye,

Mon Colonel, du 1er Régiment de la Garde Républicaine,

Chers collègues et amis,

L’aigle vola de clocher en clocher jusqu’aux tours de Notre-Dame.

Aujourd’hui porté de grue en grue avec prudence et vigilance, il reprend sa place sur sa stèle dédiée à Maisons-Laffitte.
Tout comme la légende du banni ostracisé à Sainte Hélène, la saga de cette statue est une épopée marquée par une nuit funeste d’il y a 50 ans où elle rencontra son destin tragique, brisée !

La restauration est d’abord née de la détermination de Béatrice Vivien, Maire adjoint à la Culture, qui, en dépit des jalousies nées des frustrations de fonctions perdues, et des sarcasmes, n’a pas ménagé ses efforts pour extraire les dépouilles de la statue brisée des catacombes des caves du Nord, où oubliée, elle reposait languissante d’espoir de retrouver la lumière d’Austerlitz.

Être déterminée ne suffisait pas, encore fallait-il trouver la main experte de l’artiste, je veux ici nommer Claire Dard Ternisien, qui avait déjà restauré mon ami Voltaire qui nous salue chaque jour à l’entrée de la Mairie.

Être déterminé ne suffisait pas à achever la mission, il fallait trouver le nerf de la guerre. Merci à Pierre Bédier, Président du Conseil Départemental des Yvelines, qui a pris en charge 65% du coût de la restauration.
Une restauration en appelle une autre, je salue la restauration de la place Napoléon par l’ASP.

Je rappelle que la structure de la place où nous sommes représente la Légion d’Honneur où convergent en signe d’hommage les avenues des batailles de Napoléon :

–       Toulon, les Pyramides, Champaubert, Marengo, Montmirail, Austerlitz, Brienne, Wagram, la Moskowa, Dresde, Bautzen, Sainte Hélène pour l’exil.

Batailles glorieuses auxquelles on ne saurait oublier Arcole, Rivoli, Iéna, Eylau, Friedland et bien d’autres.

Une question se pose, Bonaparte était-il l’agresseur ?

De 1792 à 1815 en 23 ans, la France a dû faire face à 7 coalitions à l’initiative des monarchies européennes fort inquiètes pour leur survie de la République Française, de ses idées émancipatrices de liberté.

L’Autriche – Hongrie, la Prusse et surtout la perfide Albion fomentent sans relâche des coalitions pour abattre cette France républicaine dangereuse.

« Tyrans, descendez au cercueil ».

Jamais pays ne subit autant de coalitions contre lui que la France pendant les 23 ans.

Bonaparte, puis l’empereur livra bataille sur bataille pour préserver la République et ses lois.

Il subjugua l’Europe.

« J’ai vu l’Empereur – cette âme du monde – sortir de la ville pour aller en reconnaissance, c’est effectivement une sensation merveilleuse de voir un pareil individu qui, concentré ici sur un point, assis sur un cheval s’étend sur le monde et le domine. »

Lettre de Hegel, l’auteur de la Phénoménologie de l’esprit, à son fidèle ami Niethammer, du 13 octobre 1806, Iéna.

Goethe lui-même déclare après son audience avec Napoléon à Erfurt le 2 octobre 1808.

« Ich will gerne gestehen, dass mir in meinem leben nicht höheres und erfreudliches begegnen konnte, als vor dem frauzösichen kaiser zu stehen. »

« Je dois volontiers avouer que dans ma vie, je n’ai rien vécu de plus haut et de plus réjouissant que d’être debout face à l’empereur des Français. »

Chef de guerre, âme du monde à cheval, Napoléon gardait la tête froide.

Il rappelle que « Le cœur d’un homme d’Etat doit être dans sa tête. »

Il ajoutait « Les règlements sont faits pour les soldats non pour les guerriers. »

Il savait qu’il existe « Deux puissances au monde, le sabre et l’esprit : à la longue, le sabre est toujours vaincu par l’esprit. »

Je ne vous citerai pas ses paroles sur les femmes nos chères compagnes, cela pourrait nous donner des idées. A ce titre, disons qu’il était Corse et de son temps…
Chef d’Etat, la France lui doit nombre de ses institutions, qui ont certes évolué depuis plus de 2 siècles, mais elles sont toujours au cœur de l’Etat :

–       Les Préfets et Sous-Préfets

–       Le Conseil d’Etat

–       La Cour de cassation

–       La Cour des comptes

–       Les codes :  civil et pénal

–       Les grandes écoles

–       L’Université

–       Le baccalauréat

–       Les juifs reçoivent leurs patronymes

–       Le Franc Germinal

–       La Banque de France

–       La Paix religieuse, la liberté du culte

–       L’encouragement de l’industrie notariale

–       L’interdiction de faire descendre les enfants dans les mines

–       La numérotation des routes

Voilà les fondements d’un Etat moderne.

Il gouverne en politique avisé, les yeux grands ouverts sur la nature humaine et sur sa mission.

« Gouverner par un parti, c’est se mettre tôt ou tard dans sa dépendance ; on ne m’y prendra pas. Je suis National »

« Les obligations que j’ai contractées en acceptant la première magistrature est de rendre la République chère aux citoyens, respectable aux étrangers, formidable aux ennemis. »

Il savait que pour conduire un peuple, il faut lui proposer un avenir et être conscient que :

« La haute politique n’est que le bon sens appliqué aux grandes choses. »

En gardant à l’esprit que : « L’abus de la propriété doit être réprimé. Toutes les fois qu’il nuit à la société. »

Ce sont là des principes de gouvernement d’une modernité toujours actuelle.

C’est en cela que Bonaparte devenu empereur n’est pas seulement un chef de guerre, il est un Chef d’état, un chef.

L’absence de similitude avec la situation d’aujourd’hui n’est pas du tout fortuite…

La légende napoléonienne est née de cette âme du monde à cheval, Wellington n’a conquis sa renommée qu’en croisant le chemin du vieux Lion, fatigué de trop d’épreuves.
Il lui doit sa gloire.

La turpitude anglaise paye lourdement sa vindicte, l’envol de la légende de l’Aigle est désormais éternel.

Vive la France !

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